Grand-Maître Nguyên Tê Công (1877-1959)

Aperçu biographique rédigé par le Grand Maître Nam Anh, 1999

Grand-Maître Nguyên Tê CôngSous la dynastie des Tang, au 9e siècle après J.-C., vivait le moine Vénérable Te Cong dit le «Bouddha vivant », qui se faisait passer pour un fou itinérant tout en réalisant maintes oeuvres bienfaisantes en faveur des pauvres paysans oppressés.

C'est à l'image de cet illustre personnage que Yuen Chai Wan choisira dix siècles plus tard le surnom de Nguyen Te Cong ou « l'incarnation de Te Cong ».

Descendant d'une famille bourgeoise, Yuen Chai Wan et son cadet Yuen Kay San furent initiés à l'art martial dès l'enfance sous la direction du Grand Maître Fung Siu Ching, un militaire mandarin retraité.

Quelques années plus tard, vu sa santé détériorante, le Grand Maître Fung Siu Ching décida d'envoyer le talentueux Chai Wan chez Fok Bo Chuen (Pho-Ba-Quyen), un confrère converti en moine du nom de Giac Hai Dai Su, pour finaliser sa formation au Temple du Diamant. Yuen Chai Wan passa sept ans sous le toit de cette pagode à perfectionner ses techniques en compagnie de Nguyen Trung et Nguyen Minh (Hoang Tuong Fong).

Arrivé au Vietnam vers 1930 sur l'invitation des associations chinoises pour enseigner le Wing Chun aux familles aisées et aristocrates, les talents exceptionnels du Grand Maître Nguyen Te Cong furent rapidement reconnus par diverses prouesses.

En 1937, demeurant chez son disciple héritier Cam Thuc Cuong, rue Hang Buom (Hanoi au Vietnam), il commença à enseigner à la classe bourgeoise Vietnamienne.

Grand-Maître Nguyên Tê CôngDurant la seconde Guerre Mondiale (1939-1945), sous le slogan de la « Grande Asie », le Japon s'empara de tous les pays du Sud-Est asiatique. Au Vietnam comme en Chine, le mouvement contre les Japonais prenait une ampleur croissante. Se joignant à la résistance, Te Cong devint Général et se fit connaître sous le nouveau nom de Luong Vu Te. Pourchassé intensément par la gendarmerie royale nippone, il parsema son chemin de fuite des cadavres ennemis et des anecdotes légendaires rattachés à ces affrontements.

En 1954, il émigra avec sa famille au Sud du Vietnam où il vécu comme herboriste-médecin à Cholon (quartier chinois à Saïgon) jusqu'à la fin de ses jours. Il mourut en 1959 en présence de sa fille Mme Dung et du Dr Le Ba Kha, son disciple intime.