Historique de l'École Shaolin Wing Chun

HistoriqueL’École Shaolin Wing Chun Nam Anh enseigne le Kung Fu Wing Chun. Sa lignée remonte jusqu’au temple Shaolin lui-même, berceau du Kung Fu bouddhiste. Voici son histoire...

Origines du Kung Fu

Les racines du Kung Fu peuvent être retracées dans des écrits antiques datant des Royaumes Combattants: ceux-ci révèlent l'existence de techniques de combat à mains nues et armées. Les récits de bataille de cette époque témoignent de l'organisation élaborée des armées et de l'efficacité redoutable de ces guerriers. Ces techniques, à l'origine développées pour des besoins militaires, étaient enseignées par des personnages hétéroclites, sollicités ad hoc par les empereurs: les Écoles de Kung Fu n'existant pas encore. Il fallu plusieurs siècles avant qu'apparaisse une École de Kung Fu, c'est-à-dire, une organisation structurée dont l'engagement était de maintenir, propager et développer l'Art martial.

Bodidharma

BodidharmaSous l'influence des pensées philosophiques bouddhistes, taoïstes et confucianistes, deux grandes Écoles virent le jour: l'École Shaolin et l'École Wu tang. La première était fondée sur la philosophie bouddhiste alors que la seconde embrassait la pensée taoïste. L'École bouddhiste fit son apparition au VIe siècle après J.C., bien avant son homologue taoïste qui émergea au XIe siècle. L'avènement du Kung Fu Shaolin fut marqué par l'arrivée de l'érudit Indien et moine bouddhiste Bodidharma au Temple Shaolin. Né en 483 après J.C., le troisième fils d'un roi brahmane du clan des Sardili et éduqué selon les normes de l'époque, il était versé dans les arts, la politique, les sutras ainsi que les techniques de guerre. Agé d'à peine trente ans, il quitta le confort princier pour se consacrer à une vie religieuse et l'atteinte de l'Illumination. Devenu un moine extrêmement réputé, il se rendit en Chine pour y propager les enseignements de Bouddha comme beaucoup de ses homologues indiens à l'époque des Trois Royaumes. Reçu au temple Kuan dans la province de Guangdong (Canton) vers 527 après J.C., le gouverneur de Guangdzou recommenda Bodidharma, alias Tamo, à l'Empereur Liang Wu.  Son passage à Nankin Voyage de Bodidharma en Chinene fut que très bref, la légende relatant que l'Empereur n'apprécia guère le discours de Tamo. Il reprit ainsi la route en direction de Luoyang, son pélerinage prenant fin au Monastère Shaolin, à quelques kilomètres de la capitale. Alors qu'il y enseignait le bouddhisme Chan (plus connu sous la désignation japonaise Zen) depuis plusieurs années, Bodidharma constata que la piètre santé des moines ne leur permettait pas d'élever leur conscience et d'atteindre l'Illumination. Leur mode de vie mettait l'emphase sur la méditation au détriment du corps physique. Consterné, il se retira dans une grotte et médita pendant plusieurs années. Comme la légende le prétend, ces neufs années d'isolation eurent comme fruit l'écriture de trois livres qui constituent encore la plus ancienne preuve d'un système de connaissances structuré et complet dans le domaine des arts martiaux en Chine.

Les trois ouvrages traitaient des trois aspects de l'être humain selon la conception traditionnelle orientale: les corps physique, énergétique et mental. Le premier livre, le Livre de la transformation des muscles et des tendons (en cantonnais Yi Kin King), exposait des exercices de base permettant d'améliorer la solidité et la souplesse du corps, ainsi que des techniques de combat. Le deuxième livre, le Livre du lavement de la moëlle portait sur des exercicesEntrée de la caverne de Tamo (Bodidharma) énergétiques. Finalement, le troisième recueil était consacré au travail spirituel. A son retour, Bodidharma enseigna ces techniques exerçant à la fois le corps et l'esprit. Soumis à un entraînement régulier, les moines améliorèrent leur condition physique et leur santé. Ils pouvaient ainsi poursuivre leur travail quotidien avec plus de vigueur et leur travail spirituel avec plus de conviction. L'apprentissage de techniques de combat les dota de moyens de défense contre les attaques de grands chemins et contre les assauts des monastères en temps de guerre. Détruit et reconstruit à maintes reprises, persécuté par certains Empereurs et prisé par d'autres, soumis aux jeux d'influence entre intrigants taoïstes, confucianistes ou bouddhistes compétitionant pour l'attention impériale, le Temple Shaolin survécu à des siècles d'intrigues politiques. Il grandit en importance politique, économique et sociale et devint même célèbre grâce à ses moines reconnus pour être de puissants combattants, défenseurs des démunis et des opprimés, qui se sont illustrés dans plusieurs grandes batailles et ont ainsi marqué l'histoire impériale de leurs glorieux exploits.

Le Temple Shaolin

Tang Li ShiminAu début de la dynastie des Tang, les moines jouèrent un rôle décisif dans la subjugaison du Général Wang Shichong par Li Shimin (règne de 626 à 649 après J.C.). En témoignage de sa reconnaissance, l'Empereur (aussi connu sous le nom de Tai Tsung) donna une plus grande terre au monastère et l'autorisa à monter sa propre armée. Le temple accrut sa réputation, sa prospérité et devint un grand centre de pratique des arts martiaux sous les dynasties Yuan et Ming.

L'empereur Chian LungAu début de la dynastie des Ching, sous le règne de Kan Shi (1661 à 1722 après J.C.), le Temple Shaolin demeurait un centre d'arts martiaux puissant dont la renommée attirait bon nombre d'étudiants, grâce à un Empereur qui encourageait le développement de toutes les religions. Parmi ces étudiants, plusieurs étaient des soutenants de la dynastie déchue des Ming. Entraînés aux techniques de combat les plus efficaces, ces rebelles devinrent rapidement une menace sérieuse au gouvernement. L'Empereur Kan Shi dut sévèrement réprimer le Temple Shaolin lorsque ce dernier se révéla être un centre de résistance en faveur de la dynastie des Ming. Son petit-fils, l'Empereur Chian Lung (1736 à 1796 après J.C.), organisa de nouvelles expéditions punitives contre le temple. Des histoires de trahison et le nombre croissant de sociétés secrètes rebelles, connectées d'une certaine façon au monastère, contribuèrent à mener à la destruction totale du temple et au massacre des moines et des nonnes. Seulement cinq Grands Maîtres survécurent à la tuerie, les "Cinq Invincibles": Jee Shin, Fung Tao Tak, Mieu Hien, Pei Mei et Ng Mui.

“Les Cinq Invincibles”

Ces cinq personnages teintés d'exploits légendaires sont à l'origine de la plupart des styles de Kung Fu connus aujourd'hui. Ils vécurent à une époque d'effervescence dans le domaine des arts martiaux, où le besoin pressant de former des combattants rapidement exigeait la réforme des méthodes traditionnelles. De nombreuses Écoles virent le jour: les unes prétendaient offrir les techniques à mains nues les plus efficaces, les autres les entraînements les plus rapides. Les Écoles présentaient des techniques différentes ou simplement mettaient l'emphase sur certaines techniques particulières. Parmi ces "Cinq Invincibles", Ng Mui constitue le point d'attache de l'histoire de l'École Wing Chun à celle du Temple Shaolin.

Yim Wing Chun

Après l'anéantissement du Temple Shaolin, Ng Mui s'enfuit vers le sud où elle séjourna de monastère en monastère dans les provinces de Fujian et de Yunan. Un jour, dans un village voisin, elle rencontra une jeune fille du nom de Yim Wing Chun. Bien qu'on ne puisse préciser s'il s'agit de son nom de naissance ou d'artiste martial accomplie, son nom, signifiant "chanter le printemps", célèbre néanmoins l'avènement d'une nouvelle ère dans le domaine des arts martiaux. L'histoire de Yim Wing Chun la plus populaire rapporte qu'elle était la très jolie fille d'un marchand de soja nommé Yim Shee. Un jour, un officier local décida qu'il la voulait pour femme. Rejeté, l'officier emprisonna Yim Shee. Yim Wing Chung rencontra alors Ng Mui qui accepta de prendre sous sa tutelle la jeune fille. Le mariage fut retardé permettant à Yim Wing Chun d'apprendre quelques techniques de Kung Fu. Lorsqu'elle revint au village, elle annonça qu'elle ne pouvait se marier avec un homme qui n'était pas son égal en matière de combat. Amusé, l'officier releva le défi: Yim Wing Chun, sortie vainqueur du combat, ne put sauver son père de la rage de l'officier. Elle s'enfuit alors pour retrouver son maître qui lui enseigna les techniques avancées du Kung Fu Shaolin. Après plusieurs années, leurs chemins se séparèrent et Yim Wing Chun devint une guerrière renommée. Elle leva des armées et participa activement aux rébellions contre la dynastie des Ching. Elle se maria entretemps avec Leung Bok Chau, un ancien élève de Shaolin et lui transmit son art. Leung Bok Chau maintint et développa le Kung Fu Wing Chun, nommé ainsi en l'honneur de son épouse. À suivre...