Le mannequin de bois et le défi !

Récit

……. plus l’ennemi est grand et fort, plus on trouve le combat intéressant … plus les ennemis sont nombreux, plus on trouve la joie et la motivation de s’engager dans le combat…..

GM Nguyen Minh

 

Aux amateurs des arts martiaux non-avertis !

Cette vaillante vision est à l’origine de la pratique des 108 techniques du mannequin de bois de l’École Wing Chun, visant à former un guerrier brave et efficace pour faire face à un adversaire des plus redoutables, beaucoup plus grand et beaucoup plus fort. Pour ce faire le mannequin de bois doit largement dépasser la taille humaine, sa solidité physique et sa masse. Certains peuvent atteindre un poids de 300kg, voir même plus, comme c’est le cas de celui qui se trouve à l’École-Mère. Dans la pratique, le mannequin de bois représente un adversaire gigantesque, infatigable et indestructible! Le contact avec un bois dur et massif, trempé de la sueur du pratiquant pendant de longues années, s’est tant solidifié, nous fait serrer les dents, car la lutte entre la chair humaine et le bois est inégale et douloureuse. Ce combat quotidien est perdu d’avance car ce colosse invincible nous éreinte. Néanmoins, on ne se bat pas contre lui dans l’espoir de le vaincre, mais plutôt de grandir et de se vaincre soi-même. Par conséquent, la pratique du mannequin de bois n’est en aucun cas un jeu de caresses pour satisfaire les égos ou pour impressionner les débutants car elle requiert une stricte préparation du corps physique pendant trois années consécutives, à travers multiples étapes préparatoires suivant le processus de l’évolution énergétique : 1) l’énergie humaine 2) l’énergie de la terre 3) l’énergie du bois 4) l’énergie de la pierre 5) l’énergie du métal. Il est impératif, pour mener à bien ce procédé, d’avoir le soutien des potions, lotions, herbes, cataplasmes… qu’ils soient anti-ecchymoses, énergétiques ou pour la Main de Fer. Celles-ci permettent au corps humain d’éviter ou d’atténuer les conséquences néfastes pour la santé d’une pratique, à première vue, aberrante et risquée, puisqu’il est évident que notre corps n’est pas fait pour frapper sur le bois dur et massif. Le respect de la méthode et la prise des diverses médications nous permettent d’éviter de trop grosses contusions, des blessures aux ligaments et aux tendons, des fractures et peut-être même des ACV dus à la formation de caillots de sang. Ce sont les raisons pour lesquelles il est nécessaire et indispensable que cette pratique soit supervisée par un maître diplômé d’une école traditionnelle reconnue.

Dans le domaine du Kung Fu comme dans d’autres, la négligence criminelle menant à des blessures majeures est punie par la loi et strictement interdite par le code d’éthique. Les victimes de cette ignorance professionnelle, causée par des instructeurs non-qualifiés ou des maîtres non-diplômés, sont encouragées à dénoncer cette pratique dangereuse afin de protéger le public.

Grand Maître Nam Anh

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